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Tristan Pomerleau reste fort et résilient face à l’adversité

S’il était un soldat en temps de guerre, Tristan Pomerleau serait au front, au sein de l’infanterie, là où se réalise la sale besogne et où l’on doit inévitablement se salir les mains pour progresser. Devenu officier après s’être astreint aux plus hautes normes de professionnalisme, il ne se tiendrait jamais bien loin du feu de l’ennemi. Blessé d’une balle, il ne se ferait pas prier pour revenir auprès de ses frères d’armes pour vaincre.

Il n’est pas devenu capitaine des Tigres par hasard. Son éthique de travail sans reproche et son dévouement en ont fait le candidat idéal, en 2009, pour succéder à Petr Sidlik. Le défenseur louperivois n’est pas le plus volubile ni le plus flamboyant, mais sa constance et sa prestance en ont fait l’un des joueurs les plus respectés dans l’entourage de l’équipe.

«C’est combien, les points?», marmotte Pomerleau de son lit d’hôpital, le sang giclant encore abondamment de sa bouche. «On mène 2 à 0», lui répond sa mère, Mylen Ouellet, qui est parvenue non sans peine à décrypter la question inaudible de son fils.

C’était quelques minutes à peine après son arrivée à la salle de réveil, dimanche dernier, après avoir été opéré à la mâchoire.

La veille, le capitaine des Tigres avait reçu le tir de Christian Huntley en plein visage. La mâchoire rompue de bout en bout au niveau des molaires, il a quitté la surface glacée en fin de deuxième période sous le regard déconfit des autres joueurs et des quelque 2195 partisans présents à l’Amphithéâtre Gilbert-Perreault.

L’ex-Tigre Mathieu Ayotte se tenait aux côtés de son ancien coéquipier lorsqu’est survenu l’incident. Il a été aux premières loges pour entendre ce son à glacer le sang, celui de l’os mandibulaire qui se brise sous la force de l’impact.

Le médecin des Tigres, le Dr Jean-Luc Bétit, n’a pas eu besoin d’une longue investigation pour comprendre que le défenseur de 20 ans était bien mal en point et qu’il devrait passer sous le bistouri rapidement.

Dès son arrivée au centre hospitalier, on lui a injecté une bonne dose de morphine pour engourdir la vive et persistante douleur.

Pomerleau n’en avait que faire que son état de santé à ce moment. Il ne pensait qu’à son équipe, qui se frottait aux Remparts de Québec. Dédié comme pas un, le capitaine, fidèle à lui-même, n’espérait rien d’autre qu’une victoire éclatante de ses coéquipiers.

«Je lui répétais de ne pas endurer le mal et de demander plus d’antidouleurs si c’était nécessaire», raconte sa mère, qui est demeurée au chevet de son fils jusqu’à son opération, 14 heures plus tard à Trois-Rivières.

L’intervention a duré près de quatre heures. Il devait préalablement passer deux heures et demie sur le billard, mais des complications ont rallongé considérablement la séance. «Je dois admettre que l’on commençait à s’inquiéter», poursuit Mylen Ouellet.

L’intervention a finalement été couronnée de succès. Le chirurgien maxillofacial prévoit même que son patient pourra renouer avec la surface glacée la semaine prochaine. Pomerleau pourrait donc, encore une fois, déjouer les pronostics, alors qu’on estime actuellement son absence à quatre à six semaines, ce qui se rapproche dangereusement des séries.

«Tristan, c’est un <@Ri>tough<@$p>. Il est un vrai guerrier. Je suis fier de lui. Même dans ces épreuves difficiles, il ne se plaint jamais» poursuit sa mère.

Parce que le capitaine des Tigres n’en est pas à sa première embûche. En coulisse, plusieurs le surnomment «capitaine courage». En décembre 2013, il avait frôlé la mort après un match contre les Foreurs de Val-d’Or. «La veille, il croyait avoir une gastro. Il nous avait appelés pour nous dire qu’il ne jouerait possiblement pas le lendemain», s’est-elle rappelée.

Pomerleau a finalement disputé cette rencontre. «Mais puisqu’on croyait qu’il ne jouerait pas, nous n’étions pas présents. C’est le seul match à Victoriaville qu’on a raté depuis qu’il est avec les Tigres. Il a donné une entrevue à la télé après le match. On le trouvait tellement vert. Il n’était visiblement pas dans son assiette», a-t-elle poursuivi.

Dès son retour au vestiaire, Pomerleau a perdu conscience. Transporté d’urgence à l’Hôtel-Dieu d’Arthabaska, on lui a rapidement diagnostiqué une crise d’appendicite, devenue une péritonite après que l’organe ait éclaté.

«À l’hôpital, on nous a dit que le cas de Tristan figurait parmi les deux pires qu’ils avaient vus. Il était en train de s’empoisonner», a souligné Mylen Ouellet. Trois jours après une importante intervention chirurgicale, la situation du capitaine des Tigres s’est aggravée. En choc septique, on a eu d’autres choix que de l’opérer de nouveau. On a craint sérieusement pour sa vie durant trois jours environ.

Après trois mois d’inactivité, il est parvenu à revenir au jeu avant les séries, 32 livres en moins sur sa charpente. Son retour, admet sa mère, a sans doute été précipité, mais l’approche des séries a poussé son fils à insister pour renouer avec l’action.

Malgré toutes ses épreuves, le défenseur de 20 ans ne perd jamais patience. Il fait preuve d’une grande résilience. «Je le trouve tellement gentil. Un vrai bon gars. Lorsqu’il a fait sa péritonite, on a dû lui enlever de l’eau sur les poumons à l’aide d’une longue aiguille en passant près de l’omoplate. C’est une intervention terriblement douloureuse. Tristan, pourtant, a pris le temps de remercier le personnel médical quand tout a été terminé», a raconté la femme de Rivière-du-Loup.

Récemment, Tristan Pomerleau partageait au www.lanouvelle.net son désir de faire un long bout de chemin en séries cette saison, voyant le sablier du temps dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec s’égrainer à vue d’œil. C’était tout juste avant de subir cette fracture de la mâchoire. Connaissant la force de caractère sans borne de son fils, Mylen Ouellet est convaincue qu’il parviendra une fois de plus à déjouer les pronostics. Tristan Pomerleau n’accepterait pour rien au monde d’abandonner ses coéquipiers à l’approche des séries, ses dernières dans la LHJMQ.

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